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Maison fissurée dans le Gers : risque argile et démarches

Maison fissurée dans le Gers : risque argile et démarches

Mis à jour le 14 octobre 2026  ·  8 min de lecture  ·  Rédaction de l'Observatoire

Dans le Gers, de plus en plus de propriétaires découvrent des fissures en façade après les étés secs successifs. Ce phénomène, appelé retrait-gonflement des argiles (RGA), touche fortement ce département rural d’Occitanie, connu pour ses maisons en pierre et en brique foraine souvent bâties sur des sols argileux sensibles à l’humidité. Ce guide fait le point sur l’exposition réelle du Gers, l’historique des arrêtés de catastrophe naturelle « sécheresse », les communes les plus concernées et les démarches à engager localement.

Le Gers, un territoire naturellement exposé au retrait-gonflement des argiles

Le retrait-gonflement des argiles correspond aux variations de volume des sols argileux selon leur teneur en eau : ils gonflent lorsqu’ils s’imbibent de pluie et se rétractent lors des étés secs. Ces mouvements différentiels sous les fondations provoquent fissures, portes qui coincent et désordres structurels, principalement sur les maisons individuelles aux fondations superficielles.

Le Gers n’est pas épargné : le Gers, le Tarn-et-Garonne ou encore le Lot-et-Garonne reviennent fréquemment dans les secteurs à aléa fort lorsque l’on consulte les cartes publiques nationales d’exposition. À l’échelle de la France, plus de 48 % du territoire métropolitain est concerné par ce risque, et en Occitanie, les départements du Gers, du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne figurent parmi les secteurs les plus cités pour leurs sols argileux sensibles.

Ce que montre la carte d’exposition Géorisques

Pour connaître précisément le niveau d’aléa d’une parcelle (faible, moyen ou fort), la référence reste la carte interactive publiée sur Géorisques, qui s’appuie sur les travaux du BRGM. Elle sert aussi de base réglementaire : depuis la loi ELAN, une étude géotechnique est obligatoire avant la vente d’un terrain constructible ou la construction d’une maison situés en zone d’exposition moyenne ou forte, afin de mieux dimensionner les fondations.

Dans le Gers, l’exposition varie sensiblement d’une parcelle à l’autre selon la nature du sous-sol (argiles, marnes, molasses), ce qui explique que deux maisons voisines puissent connaître des situations très différentes. La seule façon fiable de connaître le niveau d’aléa d’une adresse précise reste la consultation directe de la carte Géorisques.

Historique des arrêtés de catastrophe naturelle « sécheresse » dans le Gers

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle (CatNat) est indispensable pour mobiliser la garantie légale contre les effets de la sécheresse auprès de son assurance habitation. Dans le Gers, plusieurs arrêtés interministériels se sont succédé ces dernières années.

2022 : l’épisode le plus marquant, 233 communes reconnues

La sécheresse de 2022 a été particulièrement sévère dans le département. Par arrêté interministériel du 3 avril 2023, publié au Journal officiel du 3 mai 2023, une première liste de 233 communes gersoises a été reconnue sinistrée pour le phénomène de sécheresse et de réhydratation des sols survenu au cours de l’année 2022. Cette liste très large, qui couvrait environ la moitié des communes du département, incluait notamment Auch, Aubiet, Auterive ou encore Barran.

À la suite de cet arrêté, les sinistrés concernés disposaient d’un délai de 30 jours francs à compter de la publication pour déclarer leurs dommages à leur assureur.

2025 : une reconnaissance plus sélective, en deux vagues

Les épisodes de sécheresse suivants ont donné lieu à des reconnaissances plus ciblées. Un premier arrêté, daté du 13 février 2026, a reconnu sept communes au titre des mouvements de terrain différentiels liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols survenus entre janvier et décembre 2025 : Auterive, Gazax-et-Baccarisse, L’Isle-de-Noé, Moncassin, Monclar-sur-Losse, Saint-Antoine et Saint-Christaud. Une vingtaine d’autres communes ayant déposé une demande, parmi lesquelles Auch, Aubiet, Mauvezin ou Samatan, n’ont en revanche pas été retenues pour cette première période.

Un second arrêté est ensuite venu compléter ce dispositif : l’arrêté interministériel du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel le 22 septembre 2026, a reconnu quatre communes supplémentaires au titre de la sécheresse 2025 : Béraut, Flamarens, Lourties-Monbrun et Miradoux. Là encore, un délai de 30 jours francs à compter de la publication s’appliquait pour déclarer les dommages.

Ce découpage en plusieurs vagues illustre un point essentiel : une non-reconnaissance à une date donnée n’est pas toujours définitive, et certaines communes obtiennent satisfaction lors d’un arrêté ultérieur portant sur la même période.

Quelles sont les communes gersoises les plus touchées ?

En croisant les différents arrêtés publiés ces dernières années, certaines communes reviennent régulièrement dans les listes de reconnaissance, ce qui traduit une vulnérabilité répétée au phénomène :

  • Auch, le chef-lieu, reconnu sinistré en 2022 mais dont la demande pour 2025 n’a pas été retenue lors du premier arrêté ;
  • Auterive, reconnue à la fois pour la sécheresse 2022 et pour celle de 2025 ;
  • Aubiet, Mauvezin, Samatan, des communes du centre et du sud du département régulièrement sollicitées ;
  • Béraut, Flamarens, Lourties-Monbrun, Miradoux, reconnues en 2026 pour la sécheresse 2025.

Au-delà de ces exemples, il faut garder en tête que l’exposition au RGA ne se limite pas aux seules communes ayant déjà obtenu un arrêté : une commune peut être fortement exposée géologiquement sans que les critères météorologiques retenus pour la reconnaissance CatNat aient été atteints une année donnée.

Ma maison fissure dans le Gers : quelles démarches entreprendre ?

Déclarer le sinistre à son assureur

  • Vérifier que votre commune figure bien dans un arrêté de catastrophe naturelle couvrant la période des désordres ;
  • Déclarer le sinistre à votre assureur dans le délai de 30 jours francs suivant la publication de l’arrêté au Journal officiel ;
  • Constituer un dossier photographique daté des fissures, idéalement complété par un historique (factures, photos anciennes) ;
  • Demander, si besoin, une expertise contradictoire en cas de désaccord avec l’expert mandaté par l’assurance.

Si ma commune n’est pas reconnue sinistrée

L’absence de reconnaissance CatNat pour une période donnée ne ferme pas toutes les portes. Il est possible de :

  • Vérifier auprès de la mairie si une demande de reconnaissance a bien été déposée en préfecture et si un recours est envisagé ;
  • Solliciter un recours gracieux auprès de la préfecture en apportant des éléments techniques complémentaires ;
  • Faire réaliser une étude géotechnique indépendante pour objectiver l’origine des désordres, en vue d’un éventuel recours ou d’une nouvelle demande lors d’un prochain arrêté.

Les acteurs qui peuvent vous accompagner dans le Gers

La préfecture du Gers

C’est la préfecture qui instruit les demandes communales de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle avant transmission à la commission interministérielle. Elle publie régulièrement sur son site les communiqués relatifs aux arrêtés sécheresse concernant le département, utiles pour suivre l’actualité des reconnaissances en cours.

L’ADIL, un conseil gratuit et indépendant

L’Agence Départementale d’Information sur le Logement (ADIL) propose un conseil juridique, financier et technique gratuit aux particuliers, notamment sur les questions d’assurance habitation, de copropriété ou de travaux liés à des sinistres. Pour trouver les coordonnées à jour de l’antenne couvrant le Gers, il est recommandé de passer par l’annuaire national du réseau des ADIL, qui oriente vers la structure compétente pour votre adresse.

Le fonds de prévention argile : une expérimentation qui concerne le Gers

Depuis octobre 2025, l’État expérimente un dispositif inédit : un fonds de prévention dédié au retrait-gonflement des argiles (RGA) dans les constructions existantes, déployé dans onze départements préfigurateurs particulièrement exposés et touchés par la sinistralité liée au RGA, dont fait partie le Gers. Ce fonds vise à accompagner, sous conditions de ressources, les propriétaires occupants de maisons individuelles situées en zone d’exposition forte, en finançant des diagnostics de vulnérabilité ainsi que des travaux de prévention portant notamment sur la gestion de l’eau, de la végétation et de l’imperméabilisation des sols à proximité des habitations.

Pour les propriétaires gersois dont la maison se situe en zone d’exposition forte et qui remplissent les conditions de ressources, ce dispositif mérite d’être exploré en complément des démarches d’assurance classiques.

Sources

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