L’Observatoire Sécheresse & Habitat a passé au crible l’intégralité de la base officielle GASPAR (Géorisques) pour le département du Gard. Le constat est massif : 241 communes gardoises — plus de deux sur trois — ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle sécheresse, pour un total de 720 reconnaissances publiées au Journal officiel depuis l’origine du régime. Le retrait-gonflement des argiles (RGA), qui fissure les maisons au fil des étés secs, n’est pas ici un risque théorique : c’est l’ordinaire du département.
La Vaunage, épicentre gardois des maisons fissurées
La géographie du phénomène dessine un cœur battant au sud-ouest de Nîmes : la plaine de la Vaunage. Les deux communes les plus reconnues du département en sont : Calvisson et Nages-et-Solorgues (11 reconnaissances chacune), suivies de Clarensac (10), Caveirac (9) et Langlade (7). Les sols argileux de cette plaine viticole se rétractent à chaque été sec et gonflent aux pluies d’automne — le mouvement de balancier qui fait travailler les fondations des pavillons.
Le reste du département n’est pas épargné : Saint-Gilles, Fournès, Mons et Saint-Victor-de-Malcap comptent 8 reconnaissances chacune, Nîmes et Alès 7 chacune. Autour de la Vaunage et de la Costière, Aigues-Vives (6), Vauvert, Le Cailar et Mus (5 chacune) complètent un tableau dense.
Un rythme de reconnaissances en dents de scie
Le Gard a connu deux vagues récentes : 142 reconnaissances publiées en 2023 (essentiellement au titre de l’été 2022, record national absolu) puis 93 en 2024. Depuis, le robinet s’est presque refermé : 2 publications en 2025, et le dernier arrêté concernant le département remonte au 25 février 2025. Comme partout en France, aucun épisode de sécheresse survenu en 2024 ou 2025 n’a encore été reconnu : les demandes déposées par les mairies gardoises sont en instruction, et la prochaine vague d’arrêtés déclenchera, pour chaque commune concernée, le délai légal de 30 jours pour déclarer son sinistre.
Ce que les propriétaires gardois doivent faire dès maintenant
- Documenter : photos datées des fissures avec un réglet visible, relevés réguliers — notre carnet de fissures gratuit les organise et s’imprime pour le dossier d’assurance ;
- Se signaler en mairie : c’est la commune qui demande la reconnaissance CatNat — plus les sinistrés se déclarent, plus le dossier communal est solide ;
- Activer l’alerte : notre alerte gratuite par commune surveille le Journal officiel chaque nuit et prévient le jour même de la publication d’un arrêté — le compte à rebours des 30 jours ne prend alors personne de court ;
- Le moment venu, écrire dans les formes : déclaration, contestation d’un refus, contre-expertise — notre générateur de courriers les rédige gratuitement.
Combien peut coûter — et couvrir — un sinistre sécheresse ?
Selon la gravité des désordres, les travaux vont du simple traitement de fissures à la reprise en sous-œuvre des fondations (micropieux), qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros. Une fois la commune reconnue et le sinistre déclaré dans les délais, l’assurance doit couvrir les travaux nécessaires, moins la franchise légale de 1 520 €. Notre simulateur d’indemnisation gratuit donne une première fourchette en deux minutes, à partir de la situation réelle de votre adresse.
Sources
- Base GASPAR — Géorisques (ministère de la Transition écologique), extraction du 17 septembre 2026, périls sécheresse, département du Gard
- Baromètre Sécheresse & Habitat — édition n°1, septembre 2026 (chiffres nationaux)
Votre maison gardoise est fissurée ? Vérifiez en 10 secondes les arrêtés de votre commune et activez l’alerte gratuite du Journal officiel.